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PRANAYAMA

Du souffle grossier au souffle subtil


Le prâna, force de vie


“Prâna est la source totale de toutes les énergies contenues dans l’Univers.” Swami Sivananda

Le prâna, c’est le souffle de vie qui se trouve dans toute manifestation. Il est le souffle vital permettant à la vie de se développer. C’est le souffle qui crée l’univers, les êtres vivants, les étoiles, les univers. Nous existons dans un océan de prâna. C’est autant une énergie apparaissant sous de multiples formes qu’une Energie cosmique universelle. Le prâna existe en tout, dans la lumière, dans l’air, dans l’eau, dans les aliments, il est ce qui permet la vie animale et végétale. Il est la véritable nourriture, sans prâna pas de vie.


On peut d’ailleurs parler de ces êtres humains qui se nourrissent uniquement de prâna, que l’on appelle les respirianistes ou les praniques. Ce phénomène est connu pour s’être manifesté chez certains mystique, yogi ou ascète qui ont pu s’arrêter de manger spontanément et continuer à vivre parfaitement bien.

On peut par exemple citer le cas de la mystique Thérèse Neumann (1898-1962), un cas scientifiquement avéré et documenté de sa capacité à vivre sans nourriture ni boisson. Elle n’ingéra chaque jour pendant 35 ans que le 8ème d’une petite hostie et 3 ml d’eau. Elle fut examinée par un comité d’experts scientifiques qui exclurent l’hypothèse d’une fraude. Il existe d’autres cas répertoriés chez les mystiques chrétiens, comme dans d'autres traditions.

Aujourd’hui, ce phénomène existe chez des individus tout à fait “ordinaires”, ce qui est assez fascinant, cette capacité semble prendre peu à peu de l’ampleur (bien que ça reste encore très minoritaire au regard de la population entière). Car de quoi se nourrissent les êtres vivants? De prâna justement. Qu’est ce qui donne l’énergie dans la nourriture? Le prâna. En observant ces êtres humains, il semble possible de prendre directement le prâna sans passer par la matière physique de la nourriture.


Je vous invite, pour ceux qui ne connaissait pas ce phénomène et dont la curiosité est titillée, à lire l’article très intéressant de nexus sur ce sujet.

Article sur le prana et les praniques, magasine Nexus
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Il existe également le film “lumière" sur ce sujet fascinant. Voici des liens sur youtube sur ce sujet


Extrait du film documentaire "Lumière" , Reportage de l'inrees "Se nourrir de prâna"



Il est aussi à noter (et cela a pu être expérimenté lors de retraites vipassana) que lorsque l’on médite beaucoup tous les jours, la faim diminue au fur et à mesure jusqu'à devenir très légère au bout de 10 jours, sans pour autant perdre d’énergie ni de vivacité, bien au contraire.

C’est ainsi que les yogis utilisent le prâna, l’accumule et le dirige pour permettre une transformation intérieure. Les rishis (sages de l’Inde de l’époque védique) affirment que le prâna peut être stocké et accumulé dans le système nerveux, et que le yoga permet de diriger le prâna par la pensée. C’est pour cela qu'il est dit que là où va l'attention va l'énergie. A partir de là, où souhaite-t-on amener de l'énergie, de la force, de la manifestation?




Le souffle et les différents états

On sait et on remarque facilement que selon l'état dans lequel on se trouve, le souffle varie. Il peut être selon les moments, les situations, les états intérieurs, calme, agité, court, long, saccadé, etc. Il est complètement relié aux pensées et aux émotions. L'activité, les influences extérieures, les évènements vont agir sur le rythme et la qualité du souffle. On peut s'apercevoir de manière très simple, que le souffle est différent en fonction de si on est assis, si on marche, si on courre, si on dort. Le souffle s'adapte pour générer l'énergie nécessaire à l'activité ou à l'état corporelle. On sait également que les pensées et les émotions ont un impact très clair sur la fréquence et le rythme du souffle. En fonction de ce qui est vu, senti, goûté, touché, entendu, le souffle change. Des images déplaisantes auront un impact sur le souffle, une odeur désagréable également. A l'inverse, la beauté, une musique qui tinte harmonieusement à nos oreilles, un massage bien fait, auront aussi un impact sur le souffle.

Toute nourriture, que ce soit l’alimentation ou tout ce qui est ingéré au niveau émotionnel ou mental a donc un impact très clair sur la qualité de la respiration. Dans ce monde moderne, ce qui est regardé à la télévision, dans les magasines, les journaux, et notamment toutes le catastrophes annoncées constamment, ont une influence sur le souffle, et donc sur le fonctionnement mental et émotionnel. Toute la mise en avant de la souffrance du monde est totalement banalisé et vendu comme du spectacle. Le souffle est malmené et emmagasine ces énergies négatives, ce qui engendre des fonctionnements identiques dans le vécu de l’individu. D’où l’importance d’amener une conscience de ce souffle pour que les évènements extérieurs ou les médias n’aient aucune influence sur celui-ci et donc sur les comportements individuels ou collectifs.

Le souffle et l’énergie sont intimement liés. Le souffle a un impact sur l’énergie du corps, et l’énergie dans le corps a un impact sur le souffle. Les centres énergétiques du corps (les chakras), leurs états vibratoires, leurs fréquences, leurs rythmes, ont une influence sur la respiration, et inversement, le souffle a une incidence sur les fréquences vibratoires de nos énergies internes. On pourrait également parler de certains lieux, qui portent des énergies particulières, des lieux qui ont une influence sur l’énergie de l’individu. On pourrait par exemple parler de la montagne Arunachala dans le sud de l’Inde, qui est un haut lieu spirituel d’une intensité et d’une énergie tout à fait particulière. Nombreux sont les individus qui y vivent des changements intérieures d’une grande profondeur simplement en y restant, sans rien faire de particulier. Inversement, il existe des lieux où l’énergie est très agitée, dans les villes par exemple, ce qui influence également l’individu. C’est là que la conscientisation et le travail sur la respiration, le pranayama devient d’une grande utilité pour que l'individu ne soit pas emporté dans les turbulences énergétiques environnantes.



La pratique du pranayama

Il y a donc des centaines de sollicitations qui peuvent agiter, modifier, interagir sur les souffles et ses rythmes. La qualité de la respiration propage ses mouvements à la structure mentale, aux émotions, à la personnalité, aux énergies, et il devient donc difficile de trouver un état de calme, de stabilité et d’harmonie. La pratique du pranayama va aider à installer un souffle rythmé, régulier, harmonieux, lumineux. Pranayama est composé de deux mots, prâna dont nous venons de parler ci-dessus, et yama qui signifie maîtriser, contrôler ou bien encore prolonger ou augmenter. C’est donc un ensemble de techniques et différents types d'exercices respiratoire qui influence le prâna et par conséquent les énergies du corps. Le pratique du pranayama favorise la stabilité du mental: “L’expiration et la suspension de la respiration produisent la stabilité du mental.” Yoga-sutras de Patanjali, Aphorisme I, 34 “Lorsque le souffle est agité, l’esprit est agité. Lorsque le souffle est immobile, l’esprit est immobile; le yogin atteint la fixité. C’est pourquoi l’on doit arrêter le souffle et pratiquer le pranayama.” Hatha-Yoga Pradipika, II,2 La pratique du pranayama fait circuler les énergies subtiles: « C’est pourquoi, il faut pratiquer le pranayama chaque jour dans un état d’esprit sattvique, jusqu’à ce que la susumma nâdi soit nettoyée des impuretés qui l’obstruent. » Hatha-Yoga Pradipika, II, 6 (la sushumna étant le canal d’énergie principal du corps, relié à la colonne vertébrale)

En agissant à la fois sur le mental et sur les énergies subtiles, le pranayama permet de garder un corps sain, et empêche éventuellement les maladies d’apparaître Ultimement, le travail sur le souffle, son harmonisation, sa subtilisation vont permettre de faciliter et d’entrer dans des états méditatifs. Cela permet au quotidien un état de calme et de détente face aux évènements plus ou moins difficile qui peuvent se produire, de ne pas être emporté automatiquement par le mental et les émotions, d’amener une certaine équanimité d’esprit.


Il existe des dizaines de possibilités de travailler sur le souffle, le plus important est d’y aller tranquillement, sans rien forcer. Il s’agit d’abord d’installer une respiration ample, profonde et rythmée au niveau physiologique, pour ensuite faire naître une respiration de moins en moins dépendante de l’air afin de mettre en action le processus énergétique du souffle indépendant du processus physiologique, donc de l’air. On passe d’un souffle pneumatique à un souffle subtil. Au niveau physiologique, le ralentissement du souffle diminue l’oxydation cellulaire et l’usure de l’ensemble des tissus organiques, ce qui a pour effet d’augmenter la vitalité et la longévité. Au niveau psychologique et émotif, ce ralentissement induit un état de recul et d’équilibre favorable à l’harmonie intérieure. Entrer dans le souffle énergétique permet de sortir de la dualité qu'induisent les souffles de droite et de gauche, et donc d’entrer dans un état de non dualité, dans l’unité.

Le Gheranda Samhita, un des trois textes classique sur le Hatha yoga, dit qu’une simple respiration consciente est le pranayama. Vous pouvez donc incorporer pranayama à n’importe quel moment, et au fur et à mesure que votre pratique s’approfondit et que vous apprenez différentes techniques, vous pouvez les adapter à chaque fois de manière à trouver l’équilibre.

Le pranayama dans la posture

Le pranayama peut être pratiqué soit indépendamment, en tant que pratique unique, soit dans la posture. Les postures de yoga, qu’il s’agisse de postures assises, de postures inversées, de postures allongées, de postures debouts, de postures de force, de postures d’équilibre, sont toutes des “pièges à énergie”. Ce sont comme des figures géométriques cosmiques, des yantras, qui permettent de faire circuler l’énergie d’une certaine manière, ce qui va petit à petit, purifier, nettoyer, débloquer, développer, harmoniser les énergies du corps.

Dans certaines postures, comme bhekasana par exemple, le souffle placé au niveau du diaphragme et du ventre, va permettre de débloquer cette zone, le plexus solaire, et donc de faire circuler l’énergie vers le coeur. Dans la posture de vrikshasana, l’arbre, qui est une grande pratique de centrage et d’immobilité, la conscience du souffle et sa subtilisation vont permettre de gagner en recul, en immobilité, en calme, en sérénité.

Selon que l’on est assis, debout ou allongé, on met en circulation le souffle différemment, et donc on anime des circuits d’énergie différents. Le souffle est comme un instrument de musique, il est important de l’harmoniser, de l’accorder, de le régler au grand svara, au grand souffle.



Svara, le souffle universel

La philosophie indienne conçoit un grand souffle vital à l’œuvre dans l’être humain qu’on appelle le Svara ; c’est le souffle de l’univers, le grand souffle cosmique. A travers les pratiques de pranayama, on peut sentir que quelque chose en nous palpite, vibre, en osmose avec le plan universel. En se reliant au svara, au souffle cosmique, on passe du personnel à l’impersonnel, de l’individuel à l’universel, on sort des limitations, de l’ego, on se relie au l’aspect magique de la respiration. Le souffle amène alors à une harmonie complète avec l’univers, un rythme intérieur différent, sacré, qui se relie à l’immensément grand, une ouverture intérieure se crée, un sentiment de liberté émerge.

Grâce à la gestion du prâna, l’individu se relie au grand svara et perçoit l’unité entre le dedans et le dehors, entre l’infiniment petit de l’individu et l’infiniment grand de l’univers. Il n’y a plus de limite, plus de séparation, c’est la réalisation que l’univers est contenu en chacun.

Le souffle se subtilise, quelque chose se met en place, un espace, un état méditatif, ça respire à travers soi, l’union se fait.





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